Entre gouffres et sommets, désespoir et résilience, le récit puissant d’une marche vers la vie.
Le 14 septembre 2014 à 14 heures, lors d’une course d’alpinisme, Noé, 18 ans, et son parrain Damien, font une chute mortelle dans le glacier alpin de Bonne Pierre. Simon, le frère de Noé, a 19 ans.
En cinq actes qui font écho au déluge biblique, Simon relate les étapes du deuil et son propre chemin initiatique. Après la disparition, la marche, la fête, l’amitié, l’art puis les voyages lui permettent de revenir à la vie et de revenir en terres fermes, quand Simon décide de s’installer dans la vallée de la chute. La paix est de courte durée : en 2024 surviennent les terribles crues de la Bérarde. En quelques heures, tout un village est partiellement englouti par des chutes torrentielles, parties du même glacier où Noé est tombé.
Le drame ravive sa mémoire et rappelle l’impitoyable cycle de la nature montagnarde. Bouleversements de l’espace et émotionnels, histoire du paysage et de la famille, espaces d’aujourd’hui et références bibliques sont profondément liés. Des décennies plus tôt, des ancêtres arméniens chassés de leurs terres ont vu sur ce massif reculé un reflet du mont Ararat symbole des terres quittées, et donné son nom au chalet familial. La montagne passe ainsi de théâtre du drame à refuge, de lieu idéalisé à territoire habité, vécu et éprouvé. Mais à l’heure du réchauffement climatique, ce paysage se transforme dangereusement. Que reste-t-il de la mémoire des morts d’altitude, lorsque les montagnes qui les commémorent se désagrègent ?
Roman initiatique néo-diluvien, conte d’anthropocène, Noé est un récit autobiographique, intime et poétique, l’histoire d’un homme que la montagne a détruit, puis sauvé. Tout en évoquant un triple déluge (un deuil, un exode, une crue) et une triple perte (un frère, un pays, un village), il montre la lumière qui se dégage après les drames, la beauté des jours qui succèdent parfois aux cataclysmes, la paix qui demeure lors de l’après-tempête.
- Credits
- © Simon Parcot